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15 mars 2012

UNICEF a publié « La Situation des enfants dans le monde 2012 : les enfants dans un monde urbain »

« La Situation des enfants dans le monde », le rapport-phare annuel du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) est dédié cette année aux « enfants dans un monde urbain », et porte l’attention sur le fait que plus d’un milliard d’enfants vit dans un monde de plus en plus urbain. Le rapport rappelle que « la moitié de la population mondiale habite déjà dans des zones urbaines. En 2050, plus des deux tiers de la population mondiale vivront en ville ».

Les villes sont souvent perçues comme des synonymes pour la croissance économique, le développement et l’emploi. Cependant, dans la réalité, tous les enfants ne bénéficient pas de cette croissance urbaine. Sur ce point, le rapport attire l’attention sur le fait que de nombreux enfants vivant dans les villes n’ont pas encore accès à l’éducation, à la santé ou à des services sanitaires.

En cinq chapitres ainsi que avec des graphiques et des tableaux de statistiques, le rapport de l’UNICEF veut montrer la réalité dans laquelle les enfants dans le milieu urbain vivent. Il présente également un certain nombre d’initiatives qui essaient d’améliorer la qualité de vie de ces enfants et il identifie aussi les différentes politiques nécessaires pour contrer les disparités urbaines.

Les enfants dans un monde de plus en plus urbanisé

Le rapport souligne qu’une estimation montre qu’en 2050, 7 personnes sur 10 vivront dans des zones urbaines, et que chaque année, la population mondiale urbaine augmentera d’environ 60 millions de personnes. Cette croissance aura lieu notamment au sein de pays à revenu faible et intermédiaire. L’Asie concentre la moitié de cette population urbaine. Malgré le faible taux d’urbanisation en Afrique, la population urbaine africaine est plus importante qu’en Amérique du Nord ou qu’en Europe de l’Ouest. Selon le rapport « plus de 60 pour cent des Africains qui habitent dans une ville vivent dans des taudis ».

D’après une analyse des villes réalisée en 2008, le rapport remarque qu’environ 60% de la croissance urbaine est le résultat de nouvelles naissances dans des zones urbaines. Il souligne aussi que cette analyse sur la situation des villes et les données statistiques utilisées, ne reflètent pas suffisamment l’ampleur des problèmes que la population urbaine rencontre. Par exemple, les personnes vivant dans des quartiers informels ou travaillant dans le secteur informel ne sont pas recensées alors même qu’elles sont les plus touchées par la pauvreté et la discrimination. De plus, cette analyse n’examine pas suffisamment le coût des transports, des loyers, de l’eau, de l’assainissement, ainsi que les frais de scolarisation et de santé ou tout autre coût qui pourrait avoir un impact négatif sur la qualité de vie de ces personnes.

D’autres facteurs identifiés dans le rapport de UNICEF qui pourraient détériorer les conditions de vies dans les villes sont l’illégalité, une faible participation aux décisions et l’absence de protection juridique, l’inégalité entre les hommes et les femmes, le manque d’accès aux infrastructures et aux services de base tels que la santé, la faible éducation, l’accès restreint à une alimentation saine et à l’eau.

Les défis urbains

Plusieurs phénomènes peuvent avoir un impact sur la vie des enfants des villes, tels que la migration, les chocs économiques, la violence, la criminalité et les désastres.

Le rapport souligne que toutes les formes de migration forcée ou volontaire ont une influence sur la vie de ces enfants. Afin de protéger leur petite enfance, des mesures adéquates devraient être prises. « Une analyse récente de données provenant de recensements et d’enquêtes auprès des ménages réalisés dans douze pays différents montre qu’un cinquième des enfants migrants âgés de 12 à 14 ans, et la moitié de ceux âgés de 15 à 17 ans, avaient migré sans leurs parents ». Le rapport explique que le risque auquel ces enfants doivent faire face est énorme et ils peuvent éprouver de très grandes difficultés sur le plan émotionnel. De nombreux enfants n’ont pas accès à leurs droits fonciers et d’autres doivent faire face à des persécutions et à une discrimination sexuelle ou sont exploités.

Les crises économiques ont eu pour conséquences un taux élevé de chômage, notamment chez les jeunes, des conditions de travail dégradées, des salaires diminués et une fluctuation des prix. L’augmentation des prix de la nourriture touche surtout les personnes pauvres qui dépensent entre 50 et 80 % de leurs revenus pour pouvoir s’alimenter, ce qui leur laisse peu de moyens pour avoir accès à l’éducation, la santé, les transports ou d’autres besoins élémentaires.

Une exposition à la violence et la criminalité peut entraver le développement des enfants et a été associée à de mauvais résultats scolaires et une hausse des abandons d’études, à l’anxiété, à la dépression, à l’agressivité et à des problèmes de maîtrise de soi. Le rapport souligne aussi qu’« une étude portant sur 24 des 50 pays les plus riches du monde a confirmé que les sociétés les plus inégalitaires sont plus susceptibles de subir des difficultés liées à ce type de privation relative, avec de forts taux de criminalité, de violence et d’emprisonnement ».

L’exposition à des risques tels que des cyclones, des inondations, des coulées de boue et des tremblements de terre complique et intensifie encore la pauvreté urbaine de millions d’enfants des villes. Depuis le milieu du XXème siècle, le nombre de catastrophes naturelles a été multiplié par dix et les enfants confrontés à une catastrophe, sont généralement les plus exposés aux blessures et à la mort. Selon le rapport : « Plus des trois quarts des victimes de ces événements ont été des enfants d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du Sud ».

Vers des villes adaptées aux enfants

Le rapport souligne que dans la réalisation de l’objectif de construire des villes plus adaptées aux enfants, il est important de prendre en compte la petite enfance dans la planification et la gestion des zones urbaines. La décentralisation et la formation des autorités publiques sont des exemples de politiques nationales qui peuvent aider à améliorer la protection des garçons et des filles dans différents pays. De plus, une large collaboration entre les autorités locales et les institutions de protection des droits de l’enfant peuvent faire avancer le processus. Dans tous les cas, une approche en partant de la base est recommandée pour que la société civile et les organisations de communautés, qui sont plus familières avec les besoins des groupes vulnérables, peut faciliter la participation de ces groupes et porter l’attention sur leurs besoins.

Des mesures à prendre

Le rapport est conclu par un ensemble de propositions de mesures qui pourraient améliorer le développement des villes et mieux protéger les droits de l’enfant à avoir une bonne petite enfance. Ainsi, il propose de faire une analyse complète de l’échelle et de la nature de la pauvreté et de l’exclusion urbaines qui touchent particulièrement les enfants des villes. Cela permettra, en plus d’améliorer la compréhension des personnes des processus d’exclusion, d’identifier et lever les obstacles à l’accès aux services, la protection juridique, et les droits de propriété. Mais parallèlement à cela, les gouvernements devraient répondre aux priorités et besoins spécifiques des enfants en développant et en leur rendant les infrastructures et les services accessibles. La participation des enfants et des jeunes dans la prise de décisions est également recommandée, en ce qu’elle renforce la collaboration et la coordination entre les acteurs des différents niveaux afin de créer des changements durables.

Pour lire le rapport intégral, cliquez ici.

Pour accéder à la version multimédia du rapport, cliquez ici.

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