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10 août 2011

Objectifs du Millénaire pour le développement, Rapport de 2011

Le 7 juin 2011, le Secrétaire général Ban Ki-moon a lancé le Rapport de 2011 sur les Objectifs du Millénaire pour le développement, qui - tout en soulignant les progrès accomplis dans la réalisation des OMD - attire l’attention sur de nombreux défis restant en approchant de l’échéance de 2015. Ces défis comprennent l’autonomisation des femmes et des filles ; la promotion du développement durable et la protection des plus vulnérables contre les effets dévastateurs des crises multiples - qu’il s’agisse de conflits, de catastrophes naturelles ou de la volatilité des prix des denrées alimentaires et de l’énergie.

Dans un discours liminaire devant le Débat de haut niveau du Conseil économique et social tenu à Genève du 4 au 8 Juillet, M. Ban a déclaré que le rapport des OMD de 2011 a brossé un tableau mitigé : d’une part, il est clair que les Objectifs avaient fait une énorme différence ; dans le même temps, les progrès ont été inégaux. « Les plus pauvres des pauvres sont laissés pour compte. Nous avons besoin de leur tendre la main et de les emmener dans notre embarcation. Il est venu le temps pour l’équité, l’inclusion, la durabilité et l’autonomisation des femmes », a t-il insisté.

Le rapport sur les OMD 2011 [1] suggère que la plupart des réussites de développement – réduire l’extrême pauvreté, la faim, l’analphabétisme et la maladie – sont entraînés par une croissance économique continue dans certains pays en développement, y compris la Chine et l’Inde, ainsi que des efforts ciblés dans des domaines essentiels des OMD, tels que la santé. « Pour réaliser les objectifs, il faudra une équitable et inclusive croissance économique - une croissance qui atteint tout le monde et qui permettra à tous les gens, surtout les pauvres et les marginalisés, de bénéficier des opportunités économiques », a déclaré M. Ban.

Le rapport fait le constat que la proportion de personnes qui ont connu la faim en 2005-2007 dans les pays en développement est resté stable à 16%, malgré des réductions importantes de l’extrême pauvreté. D’après cette tendance, et à la lumière de la crise économique et hausse des prix alimentaires, le rapport prévient qu’il sera difficile d’atteindre l’objectif de réduction de la faim dans de nombreuses régions du monde en développement. Le rapport souligne que « Ce décalage entre la réduction de la pauvreté et la persistance de la faim a attiré davantage l’attention sur les mécanismes qui gouvernent l’accès aux denrées alimentaires dans le monde en développement. », en notant que l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture de l’ONU (FAO) va entreprendre un examen complet des causes de cet écart afin de mieux informer les politiques de réduction de la faim dans le futur.

Le rapport note également que le ralentissement en cours contre la pauvreté se reflète dans le nombre de travailleurs pauvres. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), un travailleur sur cinq et leur famille dans le monde vivaient dans une extrême pauvreté (avec moins de US $ 1,25 par personne et par jour) en 2009, soit une importante baisse de la pauvreté d’une décennie plus tôt, mais aussi un aplatissement de la pente de la courbe d’incidence de travailleurs pauvres à partir de 2007. Le rapport suggère que le taux estimé pour 2009 est en pourcentage de 1,6 points supérieur au taux prévu sur la base de la tendance de pré-crise. « Bien qu’il s’agisse là d’une estimation approximative, cela veut dire que 2009 a connu environ 40 millions de travailleurs pauvres (au niveau extrême de 1,25 dollar) de plus que ce que laissaient prévoir les tendances d’avant la crise », met-il en garde.

Ci-dessous sont fournis un certain nombre de faits saillants du Rapport de 2011 sur les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Des progrès ont été réalisés :

• Dans les régions en développement, 96 filles étaient inscrites dans le primaire et au secondaire pour 100 garçons en 2009. Ceci est une amélioration significative depuis 1999, lorsque les rapports étaient respectivement de 91 et 88.

• Malgré le nombre croissant de femmes parlementaires, l’objectif d’une participation égale des femmes et des hommes en politique est encore loin. En fin janvier 2011, les femmes occupaient 19,3% des sièges dans les chambres uniques ou basses de tous les parlements dans le monde - un record absolu. Pourtant, cela confirme une tendance à la traîne dans les progrès au cours des 15 dernières années, passant d’une moyenne mondiale de 11,6% en 1995.

• Globalement, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué d’un tiers, passant de 89 décès pour 1.000 naissances vivantes en 1990, à 60 en 2009.

• Malgré des interventions éprouvées qui pourraient prévenir l’invalidité ou le décès pendant la grossesse et l’accouchement, la mortalité maternelle reste un fardeau majeur dans de nombreux pays en développement. Les estimations les plus récentes suggèrent des progrès significatifs. Dans l’ensemble des régions en développement, le ratio de mortalité maternelle a chuté de 34% entre 1990 et 2008, passant de 440 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes à 290 décès maternels. Toutefois, l’objectif des OMD est encore loin d’être réalisé.

• Une couverture élargie de vaccination contre la rougeole est un indicateur important pour la survie des enfants. En 2009, 80% des enfants dans le groupe d’âge approprié ont reçu au moins une dose du vaccin contre la rougeole, contre 69% en 2000.

• Globalement, les décès par paludisme sont en baisse d’environ 20% - passant de près de 985’000 en 2000 à 781’000 en 2009. Dans tous les pays, les baisses sont associées aux efforts de lutte intensive.

• D’importants progrès ont été faits pour améliorer l’accès à l’eau potable. Globalement, la couverture est passée de 77% en 1990 à 87% en 2008. Si cette tendance se poursuit, l’objectif concernant la couverture en eau potable de 89% sera atteint en 2015.

Les défis à surmonter :

• Dans l’ensemble des régions en développement, la majorité des travailleurs sont engagés dans le « secteur de l’emploi précaire », défini comme le pourcentage des travailleurs indépendants et des travailleurs familiaux non rémunérés par rapport à l’emploi total.

• À la fin de 2010, près de 43 millions de personnes dans le monde ont été déplacées pour cause de conflits et de persécutions, le plus grand nombre depuis le milieu des années 1990 - et environ un demi-million de plus que l’année précédente.

• Dans 87 des zones urbaines pour lesquelles l’HCR dispose de données, 37% des enfants réfugiés n’avaient pas accès à la scolarité. Quand ils en ont, c’est souvent une expérience difficile, en raison de la stigmatisation et la discrimination qui découle du fait d’être un nouveau venu, ne pouvant pas comprendre la langue d’enseignement, en se heurtant aux difficultés d’obtention de certificats de passage des classes.

• En dépit d’interventions qui ont fait leurs preuves pour prévenir l’invalidité ou le décès pendant la grossesse et l’accouchement, la mortalité maternelle reste un fardeau majeur dans de nombreux pays en développement.

• Le monde est loin d’atteindre l’objectif de l’assainissement - au rythme actuel des progrès, il faudra attendre jusqu’en 2049 pour fournir 77% de la population mondiale avec des toilettes et d’autres formes d’installations sanitaires améliorés. En 2008, près de la moitié de la population des régions en développement et environ 2,6 milliards de personnes dans le monde n’utilisaient pas une forme de services sanitaires améliorées en 2008.

• En termes absolus, le nombre d’habitants des taudis ne cesse de croître, en partie à cause du rythme rapide de l’urbanisation. Le nombre de résidents urbains vivant dans des taudis est aujourd’hui estimé à quelque 828 millions, contre 657 millions en 1990 et 767 millions en 2000.

Pour relever ces défis, le rapport réaffirme la nécessité d’une action urgente. Il note que des efforts doivent être intensifiés ; agir sur les disparités grandissantes entre zones rurales et urbaines ; et cibler les plus pauvres des pauvres et les défavorisés (fondé sur le sexe, l’âge, l’ethnicité ou le handicap). Les pays doivent s’engager dans un partenariat mondial rajeuni ; honorer leurs engagements déjà pris, et mettre en œuvre des interventions ciblées. Les exemples d’interventions qui pourraient améliorer l’équité, avec les avantages que cela implique pour la survie de l’enfant. (comme prévu dans le rapport) comprennent : l’autonomisation des femmes, l’élimination des barrières financières et sociales à la protection sociale, l’encouragement des innovations pour rendre les services de base plus accessibles aux pauvres, et accroître la responsabilité des systèmes de santé au niveau local.

Du reste, dans les mots du Secrétaire général : « Efforçons-nous de relier les points entre l’eau, l’énergie, la nourriture, les genres, la santé et le changement climatique afin que des solutions pour les uns deviennent des solutions pour tous ».

Le rapport complet est disponible en ligne.

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