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19 mars 2010

Mobilisation mondiale en vue de régler la crise alimentaire

La montée en flèche des prix des produits alimentaires à travers le monde représente une crise du développement mondial à une échelle sans précédent. Cela affecte l’un des droits de l’homme les plus fondamentaux -le droit à ne pas souffrir de la faim- pour peut-être encore 100 millions de personnes par rapport aux 850 millions souffrant déjà de la faim avant le début de l’état d’urgence. Cette crise menace d’occulter tous les progrès atteints pour satisfaire l’objectif du Millénaire pour le développement « réduire l’extrême pauvreté et la faim ». Cela a remis en question les modèles en vigueur de développement et d’intégration économique mondiale des 20 ou 30 dernières années qui ont, entre autres problèmes, systématiquement diminué la production agricole à échelle réduite dans les pays en développement tout en faisant apparaître un nouveau genre de menace pour la sécurité mondiale. La page Online Focus de notre site anglais propose des liens utiles et des mises à jour régulières sur la mobilisation mondiale des Nations Unies et de la société civile pour traiter les causes profondes immédiates et structurelles de la crise actuelle.

L’Équipe spéciale de haut niveau (HLTF), établie sous la présidence du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, a publié en juillet 2008 le Cadre d’action global (CAG), un plan d’action hiérarchisé visant à traiter l’actuelle crise alimentaire mondiale. Le document a pour objectif de fournir aux gouvernements, aux agences et organisations internationales et régionales, ainsi qu’aux sociétés civiles, un ensemble de mesures et d’actions desquelles tirer des réponses appropriées. Ces efforts ont réuni les directeurs des agences spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies, les institutions de Bretton Woods et les personnes concernées du secrétariat de l’ONU. Le secrétaire général a demandé au directeur général de l’OAA d’officier en tant que vice-président de l’HLTF.

Le CAG établit la position commune des membres de l’HLTF concernant les actions proposées. Voici la structure du document : la partie A présente une analyse de la crise alimentaire et identifie les principales menaces et opportunités à partir desquelles les gouvernements, la société civile et la communauté internationale peuvent agir. La partie B détermine des actions critiques visant à traiter les besoins urgents et à renforcer la résilience face à ces menaces et opportunités. La partie C propose des moyens pratiques de collaborer afin d’atteindre les résultats du CAG aux niveaux national, régional et mondial et traite des implications financières liées.

Voir également : The Blame Game : Who is Behind the World Food Price Crisis ?, Institut d’Oakland, juillet 2008

Cet article démontre comment le fait de présenter la crise des prix alimentaires en termes de déséquilibre entre l’offre et la demande et en désignant quelques pays responsables constitue une schématisation des causes. Par ailleurs, l’Institut d’Oakland prouve que l’image d’une Inde bien nourrie ne résiste pas à l’examen et que l’augmentation de la demande ne signifie pas une augmentation du pouvoir d’achat. Au contraire, cela reflète la destruction de la base agricole d’un pays et de ses agriculteurs à cause de mesures économiques promouvant l’économie de marché et la libéralisation de l’agriculture.

Sustainable agriculture : a pathway out of poverty for India’s rural poor, Deutsche Gessellschaft fur Technische Zusammenarbeit, 2008

Ce livre montre comment l’agriculture durable peut aider les agriculteurs indiens, en particulier ceux qui vivent dans des zones pauvres et reculées, à se sortir de la pauvreté et explique en quoi ce type d’agriculture contribue aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Il détaille 14 exemples qui illustrent la manière dont les initiatives de développement ont aidé les agriculteurs dans certaines des zones les plus reculées du pays à briser le cycle de pauvreté, dette et dégradation environnementale et à améliorer leur vie et leurs revenus grâce à une agriculture durable sur les plans économique, écologique et social. Ce livre est disponible en ligne.

Communiqué de presse sur les résultats de la conférence de haut niveau de l’OAA

Déclaration commune de la société civile

Déclaration

Le Réseau d’information et d’action pour le droit à se nourrir(FIAN) publie la Revue trimestrielle du droit à se nourrir

Le volume 3 n° 1 du Right to Food Quarterly [Ndt : Revue trimestrielle sur le droit à se nourrir] inclue parmi ses articles une analyse des conséquences des biocarburants de la perspective du droit à l’alimentation. En outre, certaines organisations et certains mouvements sociaux basés sur la société civile ont récemment remis en question le fait que les droits de l’homme soient un outil bénéfique dans leur lutte pour une justice sociale. En réaction à cela, Christian Courtis prévient contre le rejet de l’idée de droits. Par ailleurs, Martin Wolpod-Bosien souligne l’importance de la société civile dans le développement des droits de l’homme.

L’Overseas Development Institute(ODI) tient un blog sur la situation alimentaire dans le monde.

Durant de nombreuses années, l’ODI a étudié les questions liées à l’alimentation, y compris la sécurité et l’aide alimentaire. Alors que le monde est en train de s’adapter à des prix alimentaires plus élevés, les objectifs de l’ODI se sont élargis, incluant des travaux et des ressources accessibles sur ce blog.

Voir l’Institut des politiques du commerce et de l’agriculture IATP News. L’IATP News inclue parmi ses liens des documents où l’IATP identifie les causes de la crise alimentaire et établit les nouvelles orientations fondamentales nécessaires aux niveaux mondial, national et local.

Consumer International, Déclaration sur la crise alimentaire, mai 2008

Consumer International a publié une déclaration sur la crise alimentaire traitant de l’augmentation récente des prix des produits alimentaires et des conséquences sur les consommateurs à travers le monde. En outre, elle précise que la crise est le résultat d’un certain nombre de pressions exercées en même temps et propose une courte liste de solutions possibles pour régler le problème.

GRAIN, Cultiver leur propre champ : le droit des femmes à se nourrir dans le contexte de la crise alimentaire mondiale, juin 2008

Cet article évalue la question des sexes par rapport à l’augmentation des prix des produits alimentaires. Il établit que la réduction du nombre de programmes d’assistance alimentaire internationaux entraîne les plus bas niveaux de rendement depuis 1961 pour les femmes et leur famille. Selon l’article, tandis que la production alimentaire décline, la proportion des maladies et décès liés à la faim augmente de façon alarmante. Sur les 854 millions de personnes qui n’ont pas assez à manger, 70 % sont des femmes, ce qui signifie que près de 598 millions de femmes dans le monde vivent sans pouvoir se nourrir à leur faim.

Vía Campesina, Déclaration finale de la conférence internationale sur les droits des paysans, 20-24 juin 2008

Des délégués représentant les petits agriculteurs, hommes et femmes, du mouvement international La Vía Campesina et originaires de 26 pays différents, ont participé à la Conférence internationale sur les droits des paysans à Jakarta, en Indonésie, du 20 au 24 juin 2008. En conclusion des réunions, ce groupe s’est engagé à développer une stratégie multi-niveau qui fonctionnerait à la fois aux niveaux national, régional et international afin de sensibiliser les populations, d’accentuer la mobilisation et de construire des alliances non seulement avec les paysans, mais également avec les travailleurs ruraux, les travailleurs migrants, les bergers, les peuples indigènes, les pêcheurs, les écologistes, les femmes, les experts juridiques, ainsi que les organisations des droits de l’homme, de la jeunesse, religieuses, urbaines et de consommateurs.

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